Tout fini par arriver !
Premier contact
A force de flâner sur les forums « HPI » à lire les commentaires, plus d’un an et demi après avoir passé mon « bilan psychologique complet », je ne sais pourquoi, je me décide enfin à prendre contact avec une association que m’avait conseillée une de mes collègues. On est dimanche en début de soirée, j’écris le mail, le relis, et on verra bien si quelqu’un me répondra. C’est une association dédiée aux enfants précoces, ils ne pourront peut-être pas m’aider. J’avoue que je ne m’attendais pas à un retour si rapide. A peine 30 minutes après avoir envoyé le mail la présidente de l’association me répond et souhaiterait en savoir plus par le biais de quelques questions sur mon ressentit, mon vécu, ma sociabilisation, mes peurs etc. Commence ainsi un échange de mails avec cette personne que je ne connais pas, et qui a la gentillesse de me répondre instantanément en plein jour de repos.
Une différence invisible ?
A la vue des réponses aux questions qu’elle me pose, elle me conseille de lire une BD : « la différence invisible » de Julie DACHEZ, et de lui dire après lecture ce que j’en ai pensé. Ni une ni deux, je regarde sur un site de vente de livre en ligne de quoi il s’agit et lis un extrait. Trop pressée de lire la suite, je la télécharge (légalement) instantanément, et n’en fais qu’une bouchée ; moi qui déteste lire. Je me retrouve un peu dans cette BD, pas sur tout, mais quand même, il y a peut-être quelque chose d’elle en moi. A la fin de ma lecture je fais part de mes impressions à la présidente de l’association. Là encore son retour est rapide et elle me donne des contacts de professionnels près de chez moi qui pourraient m’aider dans cette quête de moi-même, et vers cette nouvelle hypothèse de « différence invisible » qui nait dans mes pensées.
Surmonter sa peur pour se découvrir
Peut-être était-ce le lendemain ou le surlendemain, mais j’ai, pour une fois, rapidement téléphoné à l’un des contacts, malgré mon aversion pour ce moyen de communication (Vade retro satanas). Au bout du téléphone, on m’indique qu’il n’y a plus de place et que si je le souhaitais, on pouvait me mettre sur liste d’attente, et que l’on me recontacterait d’ici 4 mois. Soit, qu’est-ce que 4 mois ? Cela fait bien plus d’un an que je laisse traîner ces interrogations, je ne suis pas à 4 mois près. J’accepte d’être recontactée plus tard.
Puis 4 mois passent, et le fameux appel arrive. On me propose « enfin » un rendez-vous, je ne cherche même pas à vérifier si je suis bien disponible à ce moment et si je peux m’absenter à mon travail. Je prends le premier que l’on me propose.
En attendant
Durant la période où j’attendais que l’on me rappelle, je présentais mon hypothèse à l’une de mes collègues. On parle beaucoup d’un de ses enfants récemment diagnostiqué, et de ses progrès. J’aime bien discuter avec elle. Et si j’étais comme son enfant ? L’écouter en parler me rassure. Quand je vois l’amour qu’elle lui porte malgré les difficultés qu’il rencontre, cette résilience, ça me donne des forces. Je me dis que si j’obtiens le même diagnostic, ce ne sera pas une fin en soi, mais le début de quelque chose de différent.
Je commence à me renseigner sur cette différence invisible sur Internet, je lis des témoignages, des blogs, des sites spécialisés. A ce moment je me pose beaucoup de questions, et le syndrome de l’imposteur ne tarde pas à arriver. Et si je me trompais, si finalement je cherchais simplement à me mettre une étiquette pour me rassurer ? Et si je faisais une sorte de syndrome de Münchhausen ? Encore un mois à attendre avant mon rendez-vous et je l’espère je serai fixée.

