Lassitude

Je suis une personne qui se lasse très vite, et par conséquent je m’ennuie aussi très vite. Pourtant il y a toujours quelque chose à faire, que ce soit à la maison ou au travail. Mais voilà, c’est plus fort que moi, je ne peux m’empêcher de m’ennuyer.

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Lorsque je commence une nouvelle activité, que ce soit un loisir ou non, c’est toujours la même chose. Au début, c’est tout beau tout neuf. Je m’investis beaucoup dans la tâche, sans compter mes heures. Je vole sur un nuage, je découvre, j’apprends tout ce que je peux. Puis vient le moment où l’apprentissage s’atténue, où je rentre dans une routine. Certes, j’aime bien la routine, la sécurité de faire tout le temps la même chose : pas d’imprévu, pas de panique. Mais au bout d’un certain temps, j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la tâche. J’ai ce sentiment que je ne pourrai pas apprendre plus (ce qui est complètement faux, car rien n’est jamais fini). Alors je commence à procrastiner, à reculer pour mieux sauter. C’est là que commence la lassitude. Le plaisir que j’avais à faire les choses s’en est allé. Et je m’ennuie en faisant les choses.

Cette lassitude peut apparaître en quelques heures, jours, voire même années. Ça ne prévient pas, ou peu.

Quand la lassitude arrive, j’arrête alors la tâche. Cette dernière finit parfois par me dégoûter.

Par exemple, j’ai tané mes parents pour faire du piano, ils ont cédé. J’en jouais tout le temps, des heures, très mal certes, mais je pouvais enfin en faire. Je jouais par plaisir, puis petit à petit répéter les morceaux a commencé à m’énerver, je ne prenais plus aucun plaisir, j’ai alors arrêté du jour au lendemain de jouer du piano. Et pourtant j’aurais encore pu apprendre plein de choses. Ça ne faisait que 5 ans que je prenais des cours, pas suffisant dans mon cas pour être vraiment à l’aise. Ce n’est que 20 ans plus tard que je m’y suis remise, par envie de retrouver le plaisir, mais ça n’a duré que quelques semaines.

Aujourd’hui, mon piano est devenu un meuble comme les autres, qui prend la poussière. Je ressens du dégoût quand je le vois, mais je ne peux me résigner à m’en débarrasser, car peut-être que dans quelques années j’aurai de nouveau envie de tapoter les touches.

J’étais également une « grande » dessinatrice : pas dans le sens que mes dessins méritaient d’être exposés au Louvre, mais en termes de quantité.

Tous les jours, tout le temps, il fallait que je griffonne quelque chose, et ce sur n’importe quel support. Oui, j’ai dessiné sur des cartons d’emballage de papier toilette.

Mais un jour aussi, l’envie viscérale de dessiner s’est envolée. Je ressentais une gêne chaque fois que je tenais un crayon dans la main. C’était devenu physique, comme si mes mouvements étaient désormais limités.

Pour le coup, je n’en suis pas venue au dégoût. J’arrive encore à dessiner, bon tous les 5 ans environ, pendant 1 ou 2 semaines. Mais cette fois, ça me ferait tellement mal au cœur d’en être répugnée, car j’ai appris à dessiner avant d’écrire et c’était une activité que je partageais avec des personnes qui m’ont hélas quittées.

Alors je ne force pas, j’attends que l’envie me vienne naturellement, même si pour ça il faudra que j’attende à nouveau 5 ans.

Mais quand la lassitude naît au travail, c’est plus compliqué.

Je suis incapable de changer d’emploi aussi souvent. Déjà sur le CV, cela peut faire peur, mais en plus, je ne saurais pas quoi faire d’autre que le métier que j’exerce actuellement. Et pourtant, je cherche, mais le côté « on sait ce qu’on perd mais pas ce qu’on trouve » me fait terriblement peur.

Alors j’essaie d’élaborer des stratagèmes plus ou moins efficaces pour casser la lassitude. Mais comme dit, c’est plus ou moins efficace. Le plus étonnant est que lorsque l’on connaît mon métier, on se demande comment j’ai pu m’en lasser, tellement ce travail n’est pas routinier. En effet, le matin j’arrive avec la liste de mes tâches et objectifs à accomplir dans la journée, et le soir quand je rentre, si j’ai pu cocher une case c’est déjà formidable.

C’est peut-être là le problème, le fait que la journée ne soit faite que d’imprévus, ce qui me fatigue énormément, car je suis en stress permanent. C’est sans doute ça qui a généré cette lassitude. L’angoisse continuelle fait que je ne prends plus plaisir à exercer mon métier, et j’ai fini par m’ennuyer alors que j’ai une charge de travail conséquente.

J’ai le sentiment que quand je me lasse de quelque chose, il n’y a pas de retour en arrière possible, et ce même dans les loisirs. Si cela n’entâchait pas mon moral, je n’y verrais pas d’inconvénients, car après tout c’est bien de s’ennuyer de temps en temps. Mais il en est tout autre.

Pour éviter la lassitude, peut-être est-il est important de diversifier les activités et de savoir reconnaître les signes avant-coureurs ? Ainsi je pourrai profiter plus longtemps des activités qui me plaisent. Ce qui ferait également du bien au moral.

Et vous, vous arrive-t-il de vous lasser rapidement des choses ? Avez-vous trouvé une astuce qui empêche la lassitude de s’installer ? Vous aussi la lassitude peut-elle vous amener au dégoût ?

Photo de Dina Nasyrova sur Pexels.com

Une réflexion sur “Lassitude

  1. Je te comprends… Dans mon cas, je dirais que je me lasse aussi du cadre et des horaires, qui, même s’ils sont un peu plus souples que de la vente, par exemple, restent contraignant. Je me lasse du sujet en lui-même, mais surtout de comment je réagis à la contrainte d’avoir à bosser, huit heures par jour…

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